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Y a-t-il un avenir à droite sur la rive gauche ? Depuis des années, la réponse est « non ». Ou extrême. Puisqu’il n’aura échappé à personne que c’est bien sur la rive sud de Rouen que le FN fait ses meilleurs scores. Sans pour autant ébranler les forces de gauche en présence.

À presque 29 ans, Jonas Haddad ne veut pas y voir une fatalité : « Nous avions abandonné le terrain. Et pour ceux qui en avaient assez du PS ou du PCF, et des petits arrangements entre amis qui vont avec, il n’y avait pas vraiment d’alternative. Le vote FN en a été renforcé. » Délégué national des jeunes Républicains en Normandie, l’avocat entend donc bien s’attaquer à cette place forte de la gauche en défendant les valeurs chères au parti de Nicolas Sarkozy.

Un Nicolas Sarkozy qui est d’ailleurs à l’origine de la vocation politique de cet ancien élève en droit de la Sorbonne : « J’ai assisté en 2007 à l’un de ses meetings. Ça a été une révélation. Il y avait une énergie qui m’a donné envie de m’engager. » Brillant, le jeune militant prend rapidement des responsabilités au sein du parti, se coltine des amphis d’universités plutôt hostiles, enchaîne en intégrant le cabinet de Luc Chatel, alors ministre de l’Éducation et de la Jeunesse. Il s’implique évidemment dans la campagne présidentielle de 2012, et malgré la défaite, puis le psychodrame qui secoue l’UMP à l’heure de se trouver un président, Jonas Haddad ne quitte pas le navire. Et passe notamment par Bernay où il est élu en 2014 sur la liste d’Hervé Maurey, avant d’être l’une des victimes collatérales des guerres de pouvoir qui ont secoué la majorité municipale. « C’était ma première expérience d’élu, très enrichissante. Mais aujourd’hui je suis passé à autre chose ».

Autre chose, c’est-à-dire les législatives dans la 3e circonscription de Seine-Maritime où il a été investi par son parti. Un challenge en plein territoire fabiusien, avec en prime un rôle plus large auprès des militants de la métropole rouennaise. « Depuis le début de l’année, nous avons commencé des formations pour ceux qui souhaitent s’investir davantage. Il y a une vraie demande de leur part. » Un nouveau visage et des compétences organisationnelles reconnues en interne, histoire de « muscler » un personnel politique local un peu trop juste aux yeux de Françoise Guégot, la chef de file LR en Seine-Maritime ? Un parachutage qui fait grincer quelques dents au niveau local ? « Je ne vais pas rentrer dans ce jeu-là. Depuis le début de l’année, j’ai rencontré tout le monde. J’ai discuté et j’ai trouvé des hommes et des femmes investis qui veulent proposer une alternance aux habitants de Rouen et de la Métropole où le PS montre ses limites, notamment en matière d’attractivité. Et qui se partage les postes en toute impunité. Il est temps que ça change. »

Un discours offensif qu’il entend bien faire entendre sur le terrain, au marché de Sotteville-lès-Rouen notamment où sa haute stature commence à être repérée. À deux pas de l’hôtel de ville que Luce Pane devra peut-être quitter si la première édile socialiste décide de se présenter à nouveau pour la députation. « C’est une question à laquelle il va falloir qu’elle réponde rapidement. Ses électeurs doivent le savoir », assure d’ailleurs Jonas Haddad dont la présence ne va pas manquer de pimenter la campagne.

 

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