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Sécurité & Identité : « Terrorisme et identité, comment nous protéger ? »

 

Ce samedi 7 octobre, sur la Bodega à Rouen, Jonas Haddad et Marie-Hélène Roux ont accueilli les participants pour cette première édition des Rencontres de la Métropole. Pour la première rencontre autour du thème de la sécurité, Jonas et Marie-Hélène ont invité Rafik Smati, entrepreneur, fondateur du Mouvement Objectif France et le Général Bertrand Soubelet.

Ils ont rappelé les objectifs de ce nouveau rendez-vous mensuel : créer du lien entre les circonscriptions de la Métropole, échanger ensemble, militants et sympathisants, creuser un thème pour susciter le débat en invitant des personnalités politiques et de la société civile.

Général Bertrand Soubelet : Constat : Nous vivons une période particulière dans notre pays, évolution inattendue au plan politique et au plan sociétal. Nous avons trop laissé faire et nous assistons à un revers brutal sur certains sujets de sociétés. Ici en Normandie, il y a plusieurs foyers d’insécurité en particulier en Seine-Maritime. Le général revendique une parole extrêmement libre et l’importance d’affirmer la réalité telle qu’elle est. Il regrette un déni permanent sur un certain nombre de sujets. Il rappelle la mission conduite en 2013 à l’Assemblée Nationale où il pointait les dysfonctionnements de notre pays en matière de sécurité. « Il faut des moments où il faut déranger pour avancer ». Après 35 ans au service de la France, dans le domaine de la sécurité, il a été candidat aux législatives cette année dans les Hauts de Seine et est également entrepreneur.

Rafik Smati : Il évoque la Seine comme point de départ de l’identité française et un sujet d’actualité qui lui tient beaucoup à cœur : le canal Seine-Nord Europe. C’est l’exemple typique de la fausse bonne idée qui va porter préjudice à notre pays et à notre région, la Normandie, signant probablement l’arrêt de mort du port du Havre, 52ème port mondial. La France est la deuxième puissance maritime du monde, elle a la responsabilité politique d’investir sur la mer et sur les ports. Le président a choisi l’option la plus facile à travers cet exemple du canal Seine-Nord.

L’identité, c’est aussi des territoires, une géographie : nous pensons qu’il y a une culture française. La France n’est pas qu’un pays de start-up, il y a des agriculteurs, des commerçants...
Deux choses nous opposent fondamentalement avec Emmanuel Macron : la sécurité et l’identité. Nous ne croyons pas à une France multiculturaliste. Il faut tisser un lien entre hier, aujourd’hui et demain. Exemple de la loi Macron et d’une disposition qui visait à déréglementer le marché de la publicité dans les espaces ruraux.

Un autre axe où nous devons être vigilant : la souveraineté budgétaire. Le déficit public, le mur de la dette en France est une bombe à retardement. Le budget 2018 prévoit une augmentation de la dépense publique, suppression de 1600 postes dans la fonction publique. Là-dessus, le gouvernement actuel fait beaucoup de communication, de la théâtralisation, des grands mots pour finalement rien en réalité.

Il est indispensable de proposer une opposition forte, de rénover la droite, LR va avoir besoin de renouveau, de propulser une nouvelle génération pour combattre. Nous devons remonter à cheval maintenant, pas dans un an.

Général Soubelet : la sécurité, élément fondateur du contrat social.

C’est un thème essentiel qui s’inscrit dans un débat plus global, ce n’est pas un concept fumeux ou nébuleux. Le devoir absolu de l’exécutif est d’assurer la sécurité des français sur tout le territoire. Malheureusement, on le sait, il y a des endroits où la sécurité des français est moins bien assurée. Il faut des moyens, je suis un praticien qui a vécu cela de l’intérieur. Quand ce gouvernement est arrivé aux affaires, j’avais déjà fait passer un certain nombre de messages à EM. J’ai observé une grande distance entre les paroles et les actes. La sécurité, c’est avant tout faire.

Avec le gel des crédits confirmés pour la police et la gendarmerie, c’est 400 millions en moins pour la sécurité, ce n’est pas un sujet majeur pour le gouvernement, je le regrette. En réalité, c’est de la politique comme avant. Ils font de la vieille politique, avec des fonctionnements qui sont très anciens, peu flatteurs pour notre pays. Pour assurer notre sécurité, il faut des moyens humains et matériels, en plus des moyens législatifs et réglementaires. On a bien souvent l’impression en France de régler le problème dès qu’on vote une loi. On fait des réformes en permanence et on ne donne pas les moyens associés sur le terrain. C’est un fonctionnement administratif.

Ce que nous appelons actuellement le terrorisme en France : c’est quelque chose qui à la base n’en est pas. Une frange de la population n’a jamais trouvé sa place dans notre société, ils ont bien souvent vécu la culture de leurs parents, ils sont tiraillés. La France n’a pas fixé les règles et n’a pas accompagné les personnes qui sont arrivées dans notre pays. Nous avons des générations qui ne sont pas à l’aise dans notre pays et vont chercher une cause à défendre ailleurs pour exister, la délinquance notamment. Le grand danger que nous n’avons pas encore vu à l’œuvre : le terrorisme venu de l’étranger.

Il faut donner aux policiers et aux gendarmes les moyens de lutter contre le terrorisme. Nous n’avons pas le droit de continuer comme ça, il faut une politique biométrique, il faut savoir qui rentre dans notre pays à travers la création d’une base administrative, laissant des traces, donnant des arguments pour pouvoir expulser. L’objectif est d’identifier rapidement les identités.

Exemple de l’attentat des Champs Elysées : fiché S à qui on a donné une autorisation de détention d’arme. Il y a une difficulté d’ordre idéologique, dictats d’une certaine élite intellectuelle, liberté publique et droits de l’homme qui priment sur tout. On n’a pas les moyens de croiser les fichiers de nature administrative et judiciaire. La CNIL nous empêche de le faire.
 Difficulté que rencontre au quotidien les policiers et gendarmes. On manque de moyens juridiques et matériels pour remplir la mission.
Notre état d’esprit : quand on est en guerre, il faut donner les moyens de la faire.

Rafik Smati : l’Etat en sait beaucoup moins sur nous que les géants du web comme Apple (biométrie à travers les nouveaux iPhone). C’est un vrai sujet de société, nous sommes en retard.

La sécurité physique des biens et des personnes est la base du contrat social. Notre priorité, c’est le régalien, mais celui-ci représente aujourd’hui moins de 3% de notre PIB.

Jonas lance l’échange avec la salle.

Serge. D : Allez-vous vous rapprocher de L. Wauquiez ?

Général S : Je n’ai jamais appartenu à un parti politique. Philosophiquement, je suis plutôt de droite. Ce qui m’intéresse c’est la qualité des hommes et des femmes et leur épaisseur humaine, la possibilité d’avancer et de faire progresser des idées et des postures. J’ai toujours gardé ma liberté. Dans leur fonctionnement traditionnel, les partis politiques sont à la base des difficultés de notre pays. Je ne rejoindrai pas un parti politique qui n’a pas permis de faire émerger de solutions pour notre pays.

Rafik Smati : Le « nous », c’est la France. Servir par-delà les considérations politiciennes qui empêchent d’avancer. Nous avons comme unique horizon de pensée : l’avenir.

Christian : question sur l’enjeu des Français présents au Moyen-Orient et sur le terrorisme venu de l’étranger (évoqué au début par B. Soubelet).

Général Soubelet : Les forces spéciales sont engagées dans une mission difficile, celle d’identifier des personnes susceptibles de venir sur notre territoire. C’est très efficace, faire en sorte qu’ils ne viennent jamais. Une menace importante existe, celle d’individus rentrés dans notre pays, implantés, « dormants », pas identifiés. On les identifiera trop tard. Nous n’avons pas de chiffres mais on sait qu’ils sont là. Ce sont de véritables professionnels.

En ce qui concerne ceux qui vont faire le Djihad, il faut tout faire pour qu’ils ne remettent pas les pieds sur notre territoire. Aura-t-on le courage d’expulser pour les binationaux ? Il faut traiter les autres, ce qui nécessite une véritable volonté politique. Il faut prendre des solutions sérieuses. L’état ne prend pas ses responsabilités, les centres de dé radicalisation sont inefficaces.

M. Bossaert : pourquoi ne pas revenir au service militaire ?

Jonas Haddad : C’est typiquement un sujet sur lequel Macron fait du marketing en proposant de service militaire mais que sur un mois... ce qui coûte cher, et n’est pas efficace.

Général Soubelet : Emmanuel Macron a repris l’idée d’une discussion que j’ai eu avec lui : mettre toute notre jeunesse ensemble. Nous n’avons plus les moyens de faire un service militaire, aucun besoin de défense nationale, nous avons des militaires professionnels.

J’avais proposé un Parcours citoyen : intervention des services régaliens et activités. Lien direct entre les jeunes et ceux qui sont chargés de défendre notre pays de la 6ème à la terminale.

Je proposais de terminer ce Parcours citoyen par deux mois de service national : un mois de classe, encadrement de type militaire, un second mois de donner du temps pour la nation.

Un service militaire au sens strict du terme et pendant un moins n’a pas de sens :
- Pas les moyens. 700 000 jeunes par an à encadrer.
- Ne jamais dire que c’est un service militaire, ne jamais dire que les militaires le feront, ils ne savent pas faire. Il faut trouver un nouveau dispositif.

Marlène Mameaux : pourquoi faut-il avoir l’autorisation du pays d’origine pour expulser des personnes représentant un danger pour la France?

Procédure administrative très compliquée.
Difficulté à déterminer le pays d’origine : besoin de s’assurer de sa nationalité.
Il faut régler le problème de l’immigration avec les pays de départ.

Remi Roussin : Que faire avec ces Français, d’une culture double, pour les intégrer à un projet susceptible de représenter la France ? On ne peut pas les laisser de côté, comment faire pour les intégrer ?

Général Soubelet : je n’ai pas de solution miracle, nous constatons les effets. Il y a des générations sacrifiées, on ne peut rien faire. Ils ont un ressentiment permanent contre le pays dans lequel ils sont nés. En revanche, les générations qui viennent, c’est un enjeu important, personne ne s’y intéresse. Il faut une réaction ferme. Les différentes politiques de la ville n’ont servi à rien, on a acheté la paix sociale.

Rafik : Conclusion de ce débat : il nous faut redonner une envie de France. Il faut relancer notre esprit de conquête, écrire l’histoire. Il existe un parallèle entre l’Empire romain et la situation de la France. Dès que les Romains ont arrêté de rêver de conquérir la Germanie, pensant qu’ils se contenteraient de gérer l’opulence, ils ont lentement préparé les invasions barbares. Nous n’apportons pas aujourd’hui de rêve pour les nouvelles générations.

Les échanges ont été conclus par les organisateurs en proposant une nouvelle rencontre courant novembre sur un thème restant à définir.

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