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« La Santé : Accès aux soins, quel hôpital et quelle médecine de ville aujourd’hui et demain ? »

 

Samedi 18 novembre 2017 sur la Bodega à Rouen, Jonas Haddad et Marie-Hélène Roux recevaient :

  • le Dr Gérald Kierzek, urgentiste et chroniqueur médical sur Europe 1,
  • le Dr Frédéric Jégou, secrétaire général de l’Union Régionale des Médecins libéraux, Anesthésiste réanimateur, président de la commission médicale d’établissement Clinique du Cèdre.

Compte-Rendu :

  • Lancement des Rencontres par Jonas Haddad, chargé de mission pour la métropole rouennaise.
  • Pour Françoise Guégot, secrétaire départementale : Nous avons besoin dans la métropole de relancer des débats, de nous lancer dans une réflexion, au moment où la reconstruction de notre famille politique est essentielle. Cette seconde rencontre sera suivie de nombreuses autres. Le monde politique n’a pas une côte exceptionnelle en ce moment. Il faut donc, à travers ces rencontres, attirer de nouveaux visages autour de nouveaux sujets. Nous avons la chance de vivre dans un pays qui fonctionne de manière démocratique. Faire de la politique, c’est d’abord agir sur nos territoires, au quotidien. L’exécution de ces différentes politiques est essentielle pour l’avenir de nos régions, départements, communes. Il faut que nous soyons entendus et crédibles, et c’est tout l’enjeu de ces rencontres. La santé est un thème peu ou pas développée par la majorité présidentielle, nous considérons la question de la désertification médicale comme un sujet majeur. C’est une vision de société, que voulons-nous demain pour notre médecine ? Nous avons fait des erreurs importantes à droite, nous n’avons pas été assez loin, pas eu un bon regard sur ce monde de la santé. C’est un domaine essentiel qui concerne tous les français, il y a un intérêt crucial à s’y intéresser.
  • Marie-Hélène Roux, conseillère municipale de Rouen et Vice-Présidente de la Métropole, complète : Notre volonté est, à travers ces rencontres, de faire venir des experts, coller à l’actualité mais aussi sur des sujets que vous souhaiteriez voir aborder. L’actualité c’est notamment le budget de la sécurité sociale qui a été abordé au Parlement. C’est également les débats actuels autour des deux entités centrales qui fournissent des soins: l’hôpital et la médecine de ville.

La Médecine Libérale

Dr Frédéric Jégou, secrétaire général de l’Union Régionale des Médecins libéraux.
Anesthésiste réanimateur, président de la commission médicale d’établissement Clinique du Cèdre.

Le Dr Jégou a déroulé une présentation complète destinée à éclairer l’état de la médecine libérale en France avec un focus sur la Normandie. « Qu’est-ce que la médecine en général et la médecine générale en Normandie ? »

  • La représentation médicale a évolué avec la fusion des deux régions. ARS : Agence Régionale de Santé, basée à Caen.

  • Présentation de l’URML Normandie (Union Régionale des Médecins Libéraux de Normandie) :
    o Représentation réglementaire des 5000 médecins libéraux.
    o URML Normandie œuvre dans le domaine de l’organisation des soins en collaboration avec les autres acteurs de la santé : ARS, collectivités territoriales, Assurance Maladie, Ministère de la Santé.
    o Création loi de 1993, extension aux autres professions de santé libérales HPST 2009.
    o Elus pour une durée de 5 années par l’ensemble des médecins libéraux exerçant une activité conventionnée, même à temps partiel.
    o AG 40 élus, Bureau 12 élus, trois collèges.

  • L’URML défend un projet professionnel : il faut faire venir les professionnels sur les territoires. La réussite passe autant par le projet professionnel que par le projet architectural, comme les maisons de santé.

  • Profil type du médecin libéral qui s’installe aujourd’hui: femme, 39 ans, avec deux enfants. Donnée essentielle : crèche, école, activités périscolaires.

  • L’URML Normandie établit un projet régional de santé, en concertation avec d’autres instances. Analyse des besoins de santé et de l’offre de soins.

  • L’innovation passe par la Télémédecine : utiliser une messagerie sécurisée, réseaux (élus qui peuvent venir en support), interface entre les élus, les collectivités, les médecins et les industriels.

  • Données de base sur la médecine en Normandie. La Métropole de Rouen Normandie : 71 communes/ 3 bassins de vie
    o 80 Médecins Généralistes/100 000 hab pour bassin de vie de Rouen
    o Densité Eure 59,2 MG/100 000 hab
    o Seine Maritime : 80,4 MG/100 000 habo Normandie : 75 MG/ 100 000 hab
    o Nationale 107 MG/100 000 hab
    o Âge médian : 50 ans pour le bassin de vie de Rouen.
    o Normandie : 57
    o National : 51
    o Nombre d’omnipraticiens qui baisse et bénéficiaires qui augmentent.

  • Les propositions de l’URML pour réorganiser l’offre de soins en premier recours : 5 objectifs :
    - Préserver l’offre de soins existante et la structurer pour la rendre attractive.
    - Permettre l’installation de jeunes confrères.
    - Améliorer ses conditions d’exercice (continuité des soins, équilibre vie prof/perso)
    - Utiliser des solutions informatiques adaptées à son exercice.
    - Coordination pluridisciplinaire des professionnels de santé du territoire (projet de santé du territoire).

  • Politique régionale des pôles de santés libéraux et ambulatoires (PSLA)
    « Basé sur le volontariat, un Pôle de Santé Libéral et Ambulatoire (PSLA) est une organisation pluridisciplinaire de professionnels de santé dans un bassin de vie. Cette organisation peut être conçue en multi-sites (un pôle principal avec des antennes sur le territoire concerné) ou sur un seul site. Le PSLA regroupe des professionnels de santé libéraux et peut aussi intégrer des acteurs des domaines médico-sociaux, en collaboration avec les structures et les établissements sanitaires existants sur le territoire. »

  • Politique de déploiement régional
    o Charte régionale (diagnostic territorial, guichet unique de financement (monde de l’entreprise libéral méconnue – problématique auprès des jeunes qui voudraient s’installer), accompagnement et suivi)
    o Charte régionale PSLA qui réunit et engage :
    - L’Etat
    - Les Collectivités territoriales
    - L’ARS
    - Les usagers
    - Les autres URPS
    - CO (différents ordres professionnels)
    - Les universités
    - ARN (remplaçants), SIHN (internes)
    - URIOPSS (médico-social)

171118 Rencontre Metropole carte
Dans la Normandie réunifiée : restructuration de l’offre de soin de premier secours en Normandie.
Zones d’emplacements prioritaires en rouge, aide au financement.

 

L’Offre de soins libérale actuelle en Normandie

  • 47 établissements privés libéraux en Normandie
  • 28 en Seine-Maritime et Eure
  • 14 ETS Médical Chirurgie Obstétrique
  • 4 services d’urgence.
  • Offrir une prise en charge de qualité et adapté aux besoins.
  • Continuité des soins : comment le reprendre en charge ?

L’innovation par la Télémédecine

  • GCS Normand-e Santé : projets et perspectives en télémédecine
  • TELEEXPERTISE, TELECONSULTATION : charriot, cabine, smartphone...
  • TELE-AVC : Réalisée et déploiement dans les établissements pilotes (CH Dieppe et CHU Rouen) finalisée avec formation des utilisateurs à partir de novembre 2016.
  • Sites pilotes : CH Eure Seine et GHH, fin 2016.
  • PARTAGE (dématérialisation du dossier d’imagerie) : la plateforme fait l’objet de tests complémentaires. Raccordement à la production pour CH de Dieppe début 2017.
  • TELERADIOLOGIE/ TELE-DERMATOLOGIE.
  • TISSE (télémédecine en structure médico-sociale) : suivi conjoint avec guichet technique et supports outils collaboratifs. 50 structures EHPAD ou en hébergement de personnes en situation de handicap.
  • DMP (dossier médical partagé) : déploiement en région depuis début 2012.
  • 18500 DMP créés dont 48% alimentés à ce jour
  • + de 39 000 documents versés et majoritairement des CR d’hospitalisations.
  • MSS (messagerie sécurisée en santé) – APICRYPT
  • Relais du plan de déploiement national promu par l’ASIP Santé
  • 4 établissements pilotes en région sur 15 en France. Accompagnement 400K€ en région.
  • 600 boites MSS PSL créées en région : excellent taux en % de boite/professionnel de santé.
  • DPP (dossier périnatalité personnel)
  • Importance du déploiement du très haut débit partout sur le territoire pour le développement de la télémédecine.
  • Demandes en ligne pour traiter des formalités administratives.

Enjeux actuels de l’URML

  • Restaurer le plaisir et le bien-être dans la profession : aujourd’hui médecin généraliste par mois se suicide en Normandie. Forme d’isolement, contre laquelle il faut lutter.
  • S’interroger sur la permanence des soins en établissement de santé
    - 34 millions d’euros en Normandie
    - A quel moment doit-on avoir un médecin de garde sur place ?

 

L’offre publique de santé

Dr Gérald Kierzek, Anesthésiste réanimateur, urgentiste et chroniqueur médical sur Europe 1.

  • Introduction du Dr Kierzek sur l’actualité chaude notamment l’Affaire du Levothyrox : problème de communication.
  • L’enjeu pour lui est de redonner un climat de confiance dans l’ensemble du secteur de la santé, de re-créer une vraie démocratie sanitaire. On est dans un système un peu fou dans lequel la ville et l’hôpital ne se parlent pas. Les jeunes ne s’installent plus.

Quatre erreurs commises dans les dernières années :

  • Séparation médecine de ville/ médecine en hôpital : A l’hôpital, les médecins ne dirigent plus, c’est l’administration qui a pris le pouvoir suite à l’évolution des organisations, ce qui produit des directions sans déontologie. Dans la gestion, les primes ont augmenté, et sont désormais alignées sur l’efficience de l’établissement, critère financier, au détriment du service produit par les professionnels, et du service aux patients. Les professionnels doivent pouvoir revenir sur une médicalisation de la gouvernance.
  • Sort des généralistes qui ne s’installent plus en ville et les spécialistes de l’hôpital qui vont s’installer en ville. Il y a un problème croissant dans les urgences. Spécialité de médecine d’urgence qui se crée, Spécialité importante avec un système de gardes. On ne pourra plus faire autre chose, trop cloisonné, pas de passerelles. Problème de recrutement des médecins urgentistes dans les années à venir ?
  • Formation des médecins. La réforme Debré a permis la création des CHU : Formation uniquement à l’hôpital, étudiants qui ne voient l’hôpital qu’avec un objectif d’être Professeur des universités. Empêche des passerelles entre la ville et l’hôpital. Système pyramidal des ordonnances de 58. II faudrait remettre en cause la loi HPST qui rigidifie ce système.
  • Concepts et Virage ambulatoire. On a tendance à raisonner en concept à la mode, avec des « mots valises » d’énarques. Or, la réalité c’est qu’on a un pays en voie de vieillissement, problème de réseau d’information, patients qui reviennent. Virage ambulatoire : suppression des lits, valorisé, mieux payé. On devrait pouvoir garder les patients. Nouveau concept de « pertinence des soins » : l’Etat et le CNAM pourront à terme dire par exemple tel établissement pratique trop d’appendicectomie par rapport à une norme et qualifier le service de « déviant ».

Attention également au remède-miracle de la Télémédecine : ce n’est pas la télécabine qui va remplacer le médecin généraliste sur les territoires. C’est plutôt une régression, ce n’est pas ça la médecine moderne. En revanche, il faut pouvoir articuler la médecine de proximité, le centre hospitalier, le médecin traitant et le CHU. Possibilité de diagnostic rapide via télémédecine, orientation rapide des malades.

Conclusion du Dr Kierzek: il souhaite une re-médicalisation des organisations pour sortir de la logique purement gestionnaire, la fin des ordonnances de 58, la création d’un deuxième niveau du médecin de proximité.

 

Questions de la salle

Yan : Y’a t-il un lien entre l’offre de santé et le nombre de médecins diplômés par an ?

  • Réponses des intervenants :
    Le Numerus clausus a beaucoup évolué: « robinet très fermé » dans les années 70 puis robinet très ouvert depuis quelques années. Constat : on manque aujourd’hui de médecins, on va rouvrir le NC on est passé de 4000 à 8000 médecins.
    Ce n’est pas l’unique problème. La question cruciale c’est la mauvaise répartition des médecins, dans la répartition des spécialités, mauvaise répartition dans le territoire, mauvaise répartition entre libéral et hospitalier.
    Il faut un vrai Projet professionnel, pour les praticiens, il ne faut pas contraindre comme le veulent certains politiques « Happy doctors, happy patients. »

Yvonne : Est-ce que le fait que le Ministre de la Santé soit médecin peut faire changer les choses ?

  • Réponses des intervenants :
    A priori pas tant que ça car la Ministre actuelle est aussi dans une logique de « pertinence des soins », une logique économique et hospitalo-universitaire. On ne peut pas avoir une gestion comptable et universitaire. Cependant, elle connait quand même le monde hospitalier, et a la volonté de bien faire les choses. Très différent de Marisol Touraine, unanimement critiquée. On peut encore lui accorder le bénéficie de la nouveauté, et aujourd’hui elle passe la moyenne. Mais concrètement, que va-t-elle faire ?
    Gouvernements différents mais une administration qui ne bouge pas et donc des projets qui ne bougent pas.

François : Concernant la motivation ou non-motivation des jeunes diplômés, est-ce que la profession fait quelque chose pour contrer la tendance de non-installation ?

  • Réponses des intervenants :
    Aujourd’hui très peu de jeunes diplômés souhaitent s’installer tout seul. Il faut les aider à franchir le pas de l’intégration dans une équipe, les y maintenir heureux. De façon plus globale le monde de la santé doit prendre sa part dans le combat pour l’attractivité de notre territoire. Il faut démontrer qu’on peut être heureux en tant que praticien libéral, qu’on peut avoir un équilibre vie privée/vie professionnelle. Il faut un vrai travail de fond sur les raisons qui font aimer la Normandie et son métier.

Questions de la salle

ð  Yan : Y’a t-il un lien entre l’offre de santé et le nombre de médecins diplômés par an ?

Réponses des intervenants :

Le Numerus clausus a beaucoup évolué: « robinet très fermé » dans les années 70 puis robinet très ouvert depuis quelques années. Constat : on manque aujourd’hui de médecins, on va rouvrir le NC on est passé de 4000 à 8000 médecins.

Ce n’est pas l’unique problème. La question cruciale c’est la mauvaise répartition des médecins, dans la répartition des spécialités, mauvaise répartition dans le territoire, mauvaise répartition entre libéral et hospitalier.

Il faut un vrai Projet professionnel, pour les praticiens, il ne faut pas contraindre comme le veulent certains politiques « Happy doctors, happy patients. »

 

>> Yvonne : Est-ce que le fait que le Ministre de la Santé soit médecin peut faire changer les choses ?

Réponses des intervenants :

A priori pas tant que ça car la Ministre actuelle est aussi dans une logique de « pertinence des soins », une logique économique et hospitalo-universitaire. On ne peut pas avoir une gestion comptable et universitaire. Cependant, elle connait quand même le monde hospitalier, et a la volonté de bien faire les choses. Très différent de Marisol Touraine, unanimement critiquée. On peut encore lui accorder le bénéficie de la  nouveauté, et aujourd’hui elle passe la moyenne. Mais concrètement, que va-t-elle faire ?

Gouvernements différents mais une administration qui ne bouge pas et donc des projets qui ne bougent pas.

>>  François : Concernant la motivation ou non-motivation des jeunes diplômés, est-ce que la profession fait quelque chose pour contrer la tendance de non-installation ?

Réponses des intervenants :

Aujourd’hui très peu de jeunes diplômés souhaitent s’installer tout seul. Il faut les aider à franchir le pas de l’intégration dans une équipe, les y maintenir heureux. De façon plus globale le monde de la santé doit prendre sa part dans le combat pour l’attractivité de notre territoire. Il faut démontrer qu’on peut être heureux en tant que praticien libéral, qu’on peut avoir un équilibre vie privée/vie professionnelle. Il faut un vrai travail de fond sur les raisons qui font aimer la Normandie et son métier.

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